Forum de l’islam de France : un espace de dialogue encore timide

 Forum de l’islam de France : un espace de dialogue encore timide

(Photo : Olivier CHASSIGNOLE / AFP)

Réunis hier (18 février), place Beauvau, les membres du Forum de l’islam de France (Forif) ont partagé les avancées de leurs travaux, et notamment sur la lutte contre les actes antimusulmans.

Une cinquantaine de membres du Forif, venus de 44 départements, étaient réunis au ministère de l’Intérieur, hier (18 février). Cette instance, créée par Emmanuel Macron en 2022, est avant tout un « espace de dialogue », assurait Bruno Retailleau sur X :

« le Forif n’est pas une instance de représentation, c’est un espace de dialogue où des Français et Françaises de confession musulmane échangent, débattent et construisent ensemble dans un cadre républicain ».

L’occasion pour le ministre de l’Intérieur d’affirmer les principes de ce dialogue qui se veut « constructif » : « la confiance, en bannissant l’islam politique, l’exigence, qu’impose la laïcité et qui est le gage de la concorde nationale, la non-ingérence, celle de l’Etat dans l’organisation des cultes ».

« Un vrai métier »

Beaucoup de dialogue pour quelques avancées. Parmi celles-ci, un code Rome, identifiant chaque métier sur la plateforme France Travail, a été créé pour le métier d’imam.

« C’est une avancée significative car c’est la première fois que ce métier est pleinement reconnu (…) Non, un imam n’est pas un simple éducateur, un animateur ou un travailleur social. Non, imam c’est un vrai métier », se félicitait Bruno Retailleau.

Lors du dernier Forif, Gérald Darmanin, alors en place à Beauvau, exprimait déjà son désir de créer un statut de l’imam en France. Le but étant de remplacer le système des imams détachés.

Actes antimusulmans

Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, en 2024, le nombre d’actes antimusulmans a baissé de 29% par rapport à 2023, avec 173 faits recensés.

Encore trop pour Bruno Retailleau qui estime tout de même que ce chiffre est « sans doute en deçà de la réalité, car toutes les victimes ne portent pas nécessairement plainte ».

Pour améliorer le recensement de ces actes, l’Association de défense contre les discriminations et actes antimusulmans (ADDAM) annonçait, hier, la création d’une plateforme de signalement.

« Cette plateforme vise à encourager les victimes à se manifester, à signaler les faits dans différents contextes, qu’il s’agisse du travail ou de l’espace public », précisait le président de l’ADDAM, Bassirou Camara.

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(Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)