Le Premier ministre veut rassurer les Algériens

Le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal. ERIC LALMAND / AFP

Dans une conjoncture de crise marquée par le reflux des rentrées en devises du fait de la baisse des cours du pétrole, le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal s’est essayé, hier soir, dans un entretien accordé à la télévision publique, à l'exercice délicat de rassurer les Algériens, eux qui, en 2016, ont été mis à rude épreuve et s’apprêtent à vivre une année plus difficile encore avec la panoplie de taxes prévues dans la nouvelle loi de finances, signée hier toujours par le président Bouteflika. 

De prime abord, M. Sellal a rejeté d’un revers de la main tout recours par son gouvernement à l’austérité, un qualificatif « inapproprié » à ses yeux, préférant parler de « rationalisation des dépenses » qui, a-t-il juré, ne touchera aucunement  « les acquis sociaux » tout en réaffirmant «la détermination des pouvoirs publics à maintenir la vocation sociale de l'Etat ».  

« Il n'est pas question d'austérité mais de rationalisation des dépenses, le but étant de parvenir à une économie émergente à l'horizon 2019 », a-t-il soutenu. Malgré la hausse des prix de certains produits comme le carburant, le Premier ministre a assuré qu’« il n'y aura aucun recul par rapport au soutien des prix de produits de base destinés aux citoyens ».

En effet, les transferts sociaux qui sont en 2016 de 1300 milliards de dinars (13 milliards de dollars, environ) seront portés à 1630 milliards de dinars en 2017. Or, experts et institutions financières internationales comme le FMI ont souvent pointé du doigt le niveau très important de ces subventions qui ne profitent pas aux seules couches défavorisées.

Ignorant ces alertes, le patron de l’exécutif ne compte aucunement renoncer à la politique sociale adoptée jusqu’ici  avec les conséquences que l’on sait. « Je rassure les Algériens que le gouvernement ne renoncera pas à la politique de soutien social, à laquelle nous avons alloué une enveloppe de 18 milliards de dollars », a-t-il lancé.

Sauf qu’à ce rythme  les comptes de l’Etat qui ont connu une baisse notable risquent de s’assécher davantage.  De 200 milliards de dollars il y a 2 ans, les réserves de change ont descendu à 114 milliards de dollars actuellement.

Point apeuré par un tel scenario, M. Sellal assure que son gouvernement maitrise la situation. « Tous les indicateurs macroéconomiques montrent qu’on maîtrise les choses pour que les Algériennes et les Algériens soient tranquilles. Dans beaucoup de domaines, il y a une amélioration », a-t-il soutenu.

Et d’ajouter : « La stratégie des pouvoirs publics à l'horizon 2019 est claire: le pétrole ne constituera plus l'unique source de richesse et nous aspirons à changer de modèle économique et à diversifier l'économie nationale ».

Sauf que le pays dépends toujours et à plus de 95%  de la rente pétrolière. L’équation peut-elle être renversée en deux années à peine ? Pari difficile pour ne pas dire impossible.

Yacine Ouchikh

Dernière minute


La chronique du Tocard

  • La chronique du Tocard. Police

    Messaouda Dendoune n'avait pas compris le sang qui coulait le long de mon pif et elle m'avait demandé des explications en profondeur. Déjà qu'elle était en état maximum de stress depuis qu'elle avait a...

    LIRE SUITE Tous les articles de la rubrique Economie»

Edito