Incendie du foyer de Boulogne-Billancourt : les associations réclament des réponses

Jean-Claude Amara, porte-parole de l’association Droits devant!.

Un incendie, un mort, des blessés et beaucoup de questions. Près d’un mois après l’incendie qui a touché un foyer de travailleurs immigrés de Boulogne-Billancourt (15 décembre), une nouvelle manifestation était organisée hier (10 janvier). Le but en était simple, demander à ce que toute la lumière soit faite sur ce sinistre qui, d’après de nombreux éléments, serait d’origine criminelle. Les différentes associations ont réaffirmé leur volonté de ne pas laisser étouffer cette histoire.

Incendie criminel

« Pour nous ce qui est fondamental c'est qu'une instruction soit mise en place et qu'elle aille jusqu'au bout. Parce que vous vous doutez bien qu'il y aura de nombreux obstacles pour remonter aux commanditaires de cet incendie criminel... » prévient Jean-Claude Amara, porte-parole de l’association Droits devant!. Ce dernier se rappelle certainement que dès le lendemain de l’incendie, le ministère de l’Intérieur parlait déjà d’un « foyer qui pose problème, avec activités et restaurants clandestins ».

Pour Droits devant, outre le fait que ce foyer soit en résistance depuis plusieurs mois parce que le gestionnaire Coallia rechigne à réaliser des travaux de réhabilitation, plusieurs questions se posent quant aux raisons qui auraient pu conduire à cet incendie criminel : « A notre avis, l'aspect spéculatif est quand même excessivement important. Il faut voir où est situé ce foyer, une zone où les prix de vente sont incroyables. La mairie aurait également intérêt à ce que ce foyer disparaisse pour récupérer des immeubles de grand standing avec des taxes d'habitation abyssales qui seront un pactole pour les caisses de la mairie ».

Ne rien lâcher

« On ne va pas lâcher dans la continuité de cette mobilisation qui doit se faire sur la durée. Nous travaillons en liens étroits avec des avocats pour savoir où ça en est et, à chaque fois, remettre la pression pour que cette affaire ne soit pas étouffée » explique Jean-Claude Amara. Tout ce qui arrive dans ce foyer à Boulogne-Billancourt est loin d’être anodin pour l’association Droits devant. Les interventions de policiers dans les foyers pour rafler des sans-papiers, la fermeture des lieux de vie comme les cuisines collectives ou les salles de réunion, les exemples se multiplient dans différents foyers d’Ile-de-France, semblant indiquer une tendance.

D’où l’importance de cette affaire : « La lutte de ce foyer est une lutte exemplaire, centrale, et nous ne lâcherons pas là-dessus. Ce qui est enjeu avec le foyer de Boulogne, c'est aussi le devenir de ces foyers de migrants construits dans les années 70, parce qu'il y a une vraie politique de casse des foyers qui s'exerce actuellement relayée par le gouvernement, avec les gestionnaires... » s’indigne le porte-parole de Droits devant.

Ce n’est donc que le début d’un long combat pour la vérité sur cet incendie et sur le sort réservé aux foyers de travailleurs immigrés. Un long combat pour comprendre pourquoi un homme a perdu la vie.

CH. Célinain

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