"Pour la justice, mon frère est juste un arabe, rien de plus", Louisa Bouras, sœur d'Hocine, tué par un gendarme

A droite tenant la banderole "Mort pour rien", la maman de Hocine Bouras.

Le 26 août 2014, Hocine Bouras, 23 ans, est tué d'une balle dans la tête par un gendarme lors de son transfèrement de la prison de Strasbourg où il est incarcéré pour une affaire de vols à main armée, au tribunal de Colmar où il doit être entendu par un juge d'instruction. Pour sa défense, le gendarme a expliqué avoir voulu protéger une collègue, qui aurait été, selon lui, "violemment agressée par le détenu". 

Une version confirmée par sa collègue, qui a raconté qu'Hocine Bouras aurait tenté de lui prendre son arme de service alors qu'elle était assise à côté de lui dans le véhicule. Elle confirmera également le fait que le prisonnier était menotté.

Très vite, les juges d'instruction rendent une ordonnance de non-lieu. Pour eux, ils ne fait aucun doute : le gendarme, placé alors sous le statut de témoin assisté, a agi en état de légitime défense.

Une version que conteste ardemment la famille du défunt. Sa sœur, Louisa Bouras nous explique pourquoi elle ne croit pas à la version des gendarmes. 

LCDL : La Cour d'appel a rendu sa décision. Où en est l'affaire ?

Louisa Bouras : Pour notre famille, l'enquête est au point mort. Mon frère est coupable avant l'heure. Pour la justice, Hocine est juste un arabe, rien de plus. On a formé un pourvoi en cassation, juste pour voir. On attend donc la décision des juges, même si nous nous faisons aucune illusion...  

La légitime défense a été retenue. Qu'avez vous à répondre ?  

La qualification de "légitime défense" s'appuie sur le fait qu'on ait retrouvé une trace d'ADN de mon frère sur l'arme du gendarme, mais il suffit juste qu'Hocine l'ait effleurée pour faire de lui un coupable. Une  reconstitution des faits a eu lieu et elle a montré que mon frère ne pouvait pas prendre l'arme au moment où le gendarme est intervenu mais ça, la justice n'en a cure. Ils osent parler de légitime défense alors qu'Hocine était menotté et n'avait pas d'arme sur lui. 

Vous dites que vous avez du mal à mobiliser du monde autour de votre affaire ?

Effectivement. Même si je tiens à rendre hommage à certains militants des alentours qui sont à nos côtés depuis le début, on est encore trop peu nombreux. Comme souvent, tant qu'un drame de la sorte n'arrive pas à un membre de votre famille, on ne se sent pas vraiment concerné. C'est le cas à Colmar comme ailleurs. De plus, la justice locale a fait pression sur notre famille et notre entourage afin que l'histoire soit étouffée. Par peur de représailles, beaucoup ont préféré effacer ce malheureux épisode de leur mémoire...

Vous avez également lancé une collecte....

Effectivement. Pour payer les frais d'avocats, nous avons décidé de lancer une collecte. Colmar n'est pas Paris et nous avons un peu de mal à mobiliser les gens ici. Nous sommes encore très loin du but recherché. Nous espérons que nos amis militants, éparpillés un peu partout en France, vont nous donner un coup de main. 

Propos recueillis par Nadir Dendoune
 

Pour aider la famille Bouras 

https://www.lepotcommun.fr/pot/zsttyl4p

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