Fillon veut des quotas d’immigration et limiter le droit du sol

François Fillon poursuit sa campagne sur les thèmes de l’immigration et de l’identité.

François Fillon, candidat de la droite à la présidentielle, a plaidé mercredi pour un quota annuel d'accueil des étrangers sur le sol français voté par le Parlement, mettant une fois de plus les immigrés en concurrence avec les Français défavorisés. De même, il souhaite supprimer « l'automaticité de la délivrance de la nationalité française » aux enfants nés en France. Dans les deux cas, son argumentation reste approximative, comme l’ont rapidement souligné plusieurs observateurs.

À la pêche aux voix de l’extrême droite

Le candidat de la droite fait une campagne de plus en plus décomplexée sur le thème de l’identité et de l’immigration, allant ainsi à la chasse aux électeurs du Front national. Avant un déplacement à la frontière italienne dans la journée, suivi d’un meeting à Nice, François Fillon était l’invité de BFM mercredi matin.

« Je veux que la France décide chaque année du nombre de personnes qu'elle est en mesure d'accueillir en fonction de ses capacités économiques », a déclaré l’ancien premier ministre. « Je propose de mettre en place le système que le Canada a mis en place (...) qui permet au Parlement, dans un débat démocratique transparent, de fixer chaque année des quotas », a-t-il plaidé. Il se dit même prêt à amender la Constitution pour instaurer cette mesure.

« Le nombre de visas qui ont été accordés en France depuis cinq ans n'a cessé d'augmenter, dans un pays qui a près de 6 millions de personnes qui sont inscrites à Pole emploi, qui a près de 9 millions de pauvres », a expliqué le candidat des Républicains, évoquant également « des perspectives d'augmentation des flux migratoires importants en raison de la situation en Afrique (et) de la situation au Proche-Orient ».

Approximations sur les visas et la naturalisation

M. Fillon a également déclaré qu'il souhaitait un délai de huit ans de résidence en France avant d'obtenir la nationalité française. Enfin, il a rappelé ses propositions de modification du droit du sol et le refus de nationalité aux étrangers ayant fait l'objet d'une condamnation. « Je remets en cause l'automaticité de la délivrance de la nationalité française aux jeunes qui sont nés sur le sol français, je demande qu'il y ait une démarche volontaire de leur part », a-t-il expliqué.

Sauf que les visas dont parle le député de Paris n’autorisent pas l’installation en France. Il s’agit majoritairement de visas Schengen courts-séjours délivrés à des étrangers qui en font la demande pour le tourisme, les affaires, des soins ou encore des événements culturels. « Il conviendrait que François Fillon révise les sujets », a réagi Martine Vaudrin Jedidi, élue à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) pour la circonscription Tunisie-Libye.

Elle a également rappelé qu’« il n'existe pas de droit du sol avec acquisition automatique de la nationalité française dès la naissance sur le territoire ». La naturalisation est en effet décidée par un tribunal et soumise à des conditions de résidence notamment.

Rached Cherif

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