Emeutes de Bejaia : Sellal crie au complot

Le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal. CITIZENSIDE / FAYCAL NECHOUD / AFP

La main de l’étranger, encore et toujours ! Commentant enfin les événements qui se sont produits lundi et mardi à Bejaia, en Kabylie, le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, lui-même originaire de cette région, n’a pas trouvé mieux que de les imputer à des forces occultes qui veulent déstabiliser l’Algérie. 

Surfant sur une vague de réprobation menée par les partisans du régime dans certains médias acquis comme sur les réseaux sociaux pour diaboliser la protesta de Bejaia, M. Sellal s’est violement attaqué, dans une déclaration faite hier à Alger, à « des parties anonymes à l'origine des récents incidents qu'ont connus certaines régions du pays, notamment Bejaia, et qui tentent de déstabiliser le pays ». « Ils pensent que l’Algérie peut être manipulée par n’importe qui. Ils pensent que nous sommes des moutons », a-t-il ajouté.

Bien évidemment, le premier ministre s’est gardé de citer le nom de ces "forces du mal", se contentant du qualificatif vague de « parties anonymes ». Leur objectif ? Réaliser un printemps arabe à rebours en Algérie, expliquait doctement le patron de l’exécutif algérien. Et d’asséner : « Le Printemps arabe ? On, le connait pas et il nous connait pas. Nous, on s’apprête à fêter Yennayer (le nouvel an berbère, ndlr) ».

Se montrant serein, le premier ministre a martelé que ces tentatives de déstabilisation sont « vaines » non sans promettre que l’Etat y « fera barrage ». « L’Algérie est un pays stable », a-t-il lancé.

Sauf que cette alimentation du syndrome de la citadelle assiégée et les campagnes, réelles ou orchestrées, sur les réseaux visant à faire passer tout mouvement de protestation pour une tentative de déstabilisation du pays, peuvent être interprétées aussi comme des signes d’inquiétude, voire d’affolement.

Yacine Ouchikh

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