Contestation sociale : Kasserine s’embrase à son tour

Les affrontements ont repris à la mi-journée du mercredi 4 janvier

Un calme précaire régnait dans la nuit de mardi à mercredi 4 janvier dans la délégation de Cité Ennour à Kasserine, après que la violence des émeutes surprise ait nécessité une intervention de l’armée, fait inédit depuis plusieurs années, qui a dû épauler les forces de l’ordre pour contenir et disperser les protestataires et protéger les institutions et établissements publics et privés. Après Meknassi en début de semaine, c’est au tour de Kasserine et Jendouba de s’embraser, selon une loi des séries décidément récurrente en cette période d’« hiver social » connu pour sa fébrilité en Tunisie.

Bilan des arrestations de la soirée : les unités de la Garde nationale ont arrêté cinq jeunes soupçonnés d’avoir bloqué la route à la cité Ennour en brûlant des pneus et en jetant des pierres sur les forces de l’ordre. Une citée de plusieurs milliers d’habitants, connue pour la radicalité de ses jeunes aux prises avec le chômage et le salafisme, et ayant essuyé plus de pertes que la moyenne nationale durant les évènements de la révolution.

Ce sont précisément des commémorations de ces évènements qui ont dégénéré en affrontements, sur fond de demandes économiques et sociales de droit à l’emploi et au développement, dans une région particulièrement sinistrée, et qui ne voit pas de retombées depuis 2011 et encore moins depuis la récente conférence des investisseurs internationaux qui avait créé de nouvelles attentes.    
 

Ce 3 janvier était également le jour de commémoration des évènements du pain de 1984 où une répression meurtrière avait sévit aux quatre coins du pays.

« Des émeutiers très jeunes »


Tard dans la nuit, des blindés militaires se sont déployés aux abords des surfaces commerciales privées à la cité Ennour, par crainte de tentatives de pillage, au moment où les petits commerces étaient en proie à des casseurs dès mardi. De jeunes manifestants, dont certains sont décrits comme « pré-pubères », ont pris d’assaut mardi après-midi le dépôt municipal de la ville de Kasserine et y ont volé des motocycles et une berline de luxe saisie lundi dernier par la fourrière, appartenant à l’un des contrebandiers de la région.

Face à ce qu’elles considèrent uniquement comme « des actes de vandalisme », comme le relaye l’agence de presse étatique TAP, les unités d’intervention ont massivement fait usage de gaz lacrymogène.

Si elle est bien vue par certains riverains qui voient en l’armée une meilleure alternative aux forces de police, certains y voient au contraire une escalade de mauvais augure pour le gouvernement Chahed, qui n’est pas sans rappeler le climat pré insurrectionnel de 2011, et ce alors que les grèves générales dans certains secteurs comme l’éducation nationale et la culture prévus entre le 5 et le 12 janvier courant n’ont pas encore commencé.

S.S

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